Les Meutes – Henri Cueco & Edi Dubien

Du vendredi 24 juin 2022 au dimanche 18 septembre 2022 - 15h-19h

  • Lieu : L'antre peaux
  • Adresse : 24 Route de la Chapelle
  • Thème : Expositions
  • Infos : Plus d'informations

* Du 24 juin au 18 septembre, dans le cadre de Bourges Contemporain * Lieu : Antre Peaux - Transpalette * Horaires : 15h-19h * Tarifs : prix libre Vernissage le 24 juin à partir de 17h30 -------------------------------------------------------------------- avec le soutien du dispositif Culture - Tourisme et Patrimoine de la Région Centre - Val de Loire Une proposition de Julie Crenn Dans la continuité des expositions-dialogues initiées en 2018, le transpalette présente cet été une conversation canine entre les peintures et les dessins d'Henri Cueco (1929-2017) et un ensemble de sculptures inédit réalisé par Edi Dubien (né en 1963). La figure du chien y est centrale. L'exposition abrite ainsi une meute de corps aux significations plurielles : manifestation d'une relation intime au vivant, métaphore de la condition humaine, expression d'un amour infini envers une espèce compagne, d'une lutte contre la solitude, représentation d'une peur viscérale ou encore d'une nécessité vitale de protection. Dans l'imaginaire collectif occidental le chien adopte différents rôles. Domestiqué, il est à la fois espèce compagne, berger, gardien, guide, sauveteur, thérapeute, compagnon de chasse ou chien policier. Sauvage, il est vagabond, voleur, menace, libre. Henri Cueco commence à représenter les chiens en 1968. Pourtant, il préfère les chats. Il peint et dessine des chiens alors que la société française est secouée par une révolution sociale et politique. Dans ce contexte, la figure canine traduit un paradoxe où il incarne à la fois la liberté et l'autoritarisme. Pendant près de vingt-cinq ans, Cueco a peint et dessiné deux catégories de chiens, les uns dressés pour chasser, les autres sauvages. Qu'ils soient domestiqués ou non, les chiens n'aboient pas, ils ne présentent pas non plus un comportement ostensiblement agressif ou dangereux. Ils occupent l'espace. Ils jouent. Ils sautent dans les airs. Ils sont à l'arrêt. Ils observent. Ils avancent. Ils cherchent. Ils errent. Ils nous regardent. Leurs corps maigres et musclés sont sont aussi des motifs que l'artiste a épuisé par la fragmentation, la démultiplication. Il les a littéralement examinés sous toutes leurs coutures. Les œuvres d'Edi Dubien traduisent le récit d'une expérience personnelle et d'une relation intime au vivant. En ce sens, il hybride volontier les corps : chiens herbiers, architectures canines, oiseaux chiens, enfants chiens. L'artiste engendre un peuple tendre et amoureux où chaque être veille l'un sur l'autre. Le chien, l'enfant (l'artiste lui-même), les oiseaux et les végétaux sont envisagés et vécus comme un tout : le vivant. Au cœur d'un écosystème régi par des parentés amoureuses, Edi Dubien sème des indices : une maison, un casque de moto, une montagne, une paire de chaussures à talon haut, du maquillage, des colliers de perles. Ces indices sont des ingrédients autobiographiques disséminés au fil des œuvres et du parcours. Ils attestent à la fois d'expériences violentes et de la fabrication de refuges propices à la rêverie. Les chien.nes y sont des gardien.es, des êtres protecteurs, des ami.es, des amours puissants. Au plus près de ses souvenirs d'enfant et de sa vie adulte, l'artiste traduit une relation symbiotique avec des compagnons inconditionnellement fidèles et aimants. L'exposition engage à la spéculation narrative, à la création de fictions réparatrices et émancipatrices. Au fil de notre déambulation les œuvres attestent de la disparition des humain.es adultes. Les chiens et la montagne veillent sur l'enfant endormi. Les chiens de Saqqarah errent dans le désert, tandis que les chiens de chasse déambulent dans les jardins de villas italiennes désertées par les humain.es. Il devient alors nécessairement possible de fabriquer une nouvelle société et de nouveaux récits qui trouvent un écho avec une pensée actuelle visant à se débarrasser d'un regard uniforme, anthropocentré, hiérarchique, occidental, dressé et normé.

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