L’Art De La Programmation – Un Cycle De Cartes Blanches

Le mardi 1er février 2022 - 19h

  • Lieu : Cinéma Saint-François
  • Adresse : 12 Bd Georges Clemenceau
  • Thème : Cinéma
  • Infos : 4€ ou plus, gratuit pour les enseignant.es et les étudiant.es de l'Ensa Bourges - Plus d'informations

Une proposition d'Érik Bullot, cinéaste, théoricien et enseignant à l'Ensa de Bourges Depuis octobre 2021, l'École nationale supérieure d'art de Bourges, en partenariat avec l'association Antre Peaux, investit le cinéma du foyer Saint-François à Bourges. La salle de cinéma accueille des conférences, des cours, des séminaires, mais aussi des projections et des séances publiques. Quelle est aujourd'hui la fonction d'un cinéma après la crise sanitaire ? Que montrer, et comment ? La programmation ne constitue-t-elle pas un geste artistique à part entière ? Pour aborder ces questions, ouvrir un débat et partager des points de vue, l'ENSA Bourges et Antre Peaux proposent, avec la complicité d'Érik Bullot, cinéaste, théoricien et enseignant à l'ENSA, une série de cartes blanches confiées à des programmateurs. Chacun des invités présente un ensemble de films de son choix en vue d'exposer et d'illustrer sa conception de la programmation. Un débat sera ouvert avec le public à l'issue de la projection. Invité présent à cette date : Federico Rossin, historien du cinéma, chercheur, programmateur. Federico Rossin : J'étais critique, j'écrivais, et j'en ai eu assez. Je voulais être historien à ma façon, en continuant à penser et à écrire, mais différemment. J'ai décidé de croiser deux routes et d'écrire des essais avec les films des autres. C'est ainsi que je vois la programmation: chaque parcours, chaque séance sont calibrés pour être un parcours de découverte d'univers entrecroisés et que je fais dialoguer. Ce que je cherche à construire, c'est une cosmologie de planètes mises en orbite en un certain nombre de séances. Chaque programme doit devenir une expérience unique pour le spectateur, auquel le créateur ne cesse de penser. Un travail de construction/anticipation qui me rapproche de la disposition d'esprit qu'il faut au joueur d'échecs, et qui m'oblige, car toutes ses programmations partent et parlent de moi, ce sont des essais. J'utilise d'ailleurs le mot essai à dessein, en référence aux Essais de Montaigne. L'essai répond à une éthique qui réclame que chaque programmation me ressemble, et surtout qu'elle m'engage. En quoi ce de?sir de composition, de programmation de films est-il fonde? et en quoi est-il partageable avec les spectateurs/les lecteurs? La programmation est un art de la résonance et du rythme: faire penser les films, trouver de pistes cachées, des liens historiques impensés. Un travail sur la forme des films, sur la texture des images et du son: un travail de tissage et de dramaturgie. Mais c'est un travail très politique aussi, une remise en perspective des nos valeurs, des nos connaissances, des nos idées. Programmer est un acte d'écriture et de pensée: chaque fois il s'agit de composer un véritable essai. Un travail de passeur et de collagiste. Daney + Dada. Mais avec ce programme j'ai décidé pour une fois de changer de jeu : je reprends mon métier d'historien du cinéma en faisant découvrir une œuvre rare et oubliée, jamais montrée en France. Mais dans ces cinq films de David Hall & Tony Sinden on finit par retrouver mon principe de composition inspiré par la forme du montage : un montage de formes qui devient un programme-constellation. C'est toujours là que réside la potentialité critique.

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